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Un peu d'histoire de la politique énergétique

"Si l'on a choisit des structures centralisées pour la distribution de l'électricité, ce n'est pas parce qu'elles étaient en soi "plus économiques". C'est en réalité parce que le transport de l'électricité peut se faire d'une manière beaucoup plus rapide et plus propre que celui des combustibles. Cela pèse d'un très grand poids dans l'approvisionnement des villes en énergie. Pour le comprendre, il faut connaître l'histoire de la distribution de l'électricité.

A l'origine, deux pionniers ont défendu deux concepts opposés de la distribution de courant, déclenchant un conflit industriel sans pitié. Les deux protagonistes étaient Edison et Westinghouse. Edison imaginait que l'on produirait de l'électricité dans chaque maison, chaque foyer fonctionnant ainsi en autarcie énergétique. Westinghouse lui, considérait qu'il fallait acheminer l'électricité jusqu'aux maisons à l'aide de câbles.

Dans les conditions qu'implique une production électrique à partir de combustibles fossiles et d'énergie hydraulique, cette organisation-là est le meilleur "système" possible. L'électricité issue de l'énergie hydraulique ne peut pas être produite dans les villes, il faut donc la transporter jusque là, en passant par des câbles. Ceux-ci fournissent l'électricité à domicile de manière rapide et propre.


L'idée d'Edison exigeait pour sa part qu'on livre les combustibles fossiles dans chaque maison, ce qui impliquait l'existence de nombreux points de combustion dans les villes, où les chauffages au charbon rendaient déjà l'air étouffant. Son était certes plus libérale mais elle était moins confortable et engendrait une pollution directe plus importante pour les citadins."
Extrait de "L'autonomie énergétique" de Herman Scheer, Actes Sud, 2007, page 92.

A la Libération, on trouve du gaz naturel à Saint-Marcet en Haute-Garonne. La reconstruction est lancée. Pierre Guillaumat, patron de la Direction des Carburants au Ministère
de l'Industrie et du Commerce (appellation de l'époque), prend la parole en 1948 et énonce au Ministre Marcel Paul, les principes qui vont être ceux adoptés pendant des décennies :

"le prix départ du baril de brut est en baisse continue et elle ne cessera pas. Les hydrocarbures deviennent l'énergie la moins chère dans le monde. Désormais la filière thermique avec les hydrocarbures comme combustible primaire, a un prix du kWh compétitif. En outre les investissements nécessaires pour installer un système de production thermique ne sont pas plus coûteux que ceux demandés par une installation hydro-éleclectrique, et les délais de construction du thermique sont plus réduits à puissance égale. La France doit donc s'engager dans la voie du thermo-électrique utilisant les hydrocarbures en tant que combustible primaire".

Cette politique date de 1948 avec les "orientations Guillaumat" : l'énergie électrique est produite par des centrales thermiques au pétrole.
Le "tout-pétrole" accompagna les "trente glorieuses" mais à cause d'une raréfaction momentannée prise en représailles des pays membres de l'OPEP, le choc pétrolier révéla que cette politique énergétique avait des faiblesses.

En 1974, P. Guillaumat étant pilote du programme nucléaire pour la stratégie de défense nationale, il participa au basculement du "tout-pétrole" au "tout-nucléaire".

Aujourd'hui, nous sommes dans cet héritage, un système électrique dont on peut faire l'histoire élogieuse d'un côté mais que l'on peut critiquer
d'autre part
étant donné certaines possibilités offertes par les énergies renouvelables, possibilités qui sont nettement meilleures.

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Un peu de pédagogie sur l'énergie

Très souvent,  le débat  sur la politique énergétique est surréaliste du fait que les protagonistes de savent pas réellement de quoi ils parlent.  C'est tellement vaste et les pièges sont si nombreux. Nous nous sommes vus adressé des lettres de députés discutant d'énergie et confondant les Watt et les Watt-heure. Non pas que ce soit abérant, mais force est de constater que ce n'est pas simple de discuter sur ces bases.

C'est qu'il y a de quoi s'emmêler les pinceaux ! Prenons un exemple qui nous a marqué. Quand l'opérateur public EdF a du se diviser en trois sociétés distinctes pour les besoins européens de libéralisation du marché, la branche qui produit et qui vend l'électricité a choisi le nom : "EdF Branche Energies". Ceci signifie litéralement : "Electricité de France, branche des énergies". Nous ne savons plus si à l'origine de l'univers, il y a l'électricité et puis est apparue l'énergie ou l'inverse !

Pour rétablir un peu de clarté, nous pouvons nous appuyer sur un diagramme que l'on trouve à quelques détails près dans tout dictionnaire : le diagramme de conversion des énergies.

diag

  1. L'énergie, c'est ce qui permet d'effectuer un travail. Ne cherchez pas une autre définition dans le dictionnaire, vous vous feriez peur.
  2. Aucun être vivant sur Terre ne crée ni ne fait disparaître de l'énergie. Tout ce que nous faisons, nous autres êtres vivants, c'est prendre de l'énergie sous une forme quelque part et la transformer dans d'autres formes pour accomplir des travaux. Par exemple, nos muscles sont des systèmes qui transforment de l'énergie chimique en énergie mécanique. Complètez le diagramme ci-dessus avec des exemples de systèmes que vous connaissez pour chaque flèche, ce n'est pas si facile de remplir tout le schema !
  3. La puissance d'un système de conversion d'énergie, c'est en quelque sorte sa capacité à fournir une conversion plus ou moins rapide. Intuitivement, plus quelqu'un court vite, plus son système musculaire est puissant. On pourra dire : c'est un système capable de fournir 300Watt d'énergie mécanique car le Watt est l'unité de puissance. Si un athlète peut fournir 400 Watt, alors il peut courir plus vite que celui qui peut fournir 300W. Mais le même athlète pourrait fournir une puissance de 400W en poussant un bloc de béton de 3 tonnes, auquel cas il n'avancerait pas d'un pouce mais il continuerait à fournir 400W de puissance mécanique ! Dans une descente, un cycliste ne fournit plus du tout d'énergie aux pédales : la puissance qu'il fournie est nulle mais il va vite ! Scientifiquement, 1 Watt = 1 Joule / 1 seconde.
  4. L'énergie, c'est la somme des puissances. Par exemple, à la première seconde de la course, l'athlète fournit 400W, puis à la deuxième seconde, il fournit 400W, et ainsi de suite pendant 10 secondes. Alors l'énergie qu'il a fournie est la somme de ces puissances : 400W x 10s = 4000 Joule.
  5. Le Watt-heure, c'est une unité d'énergie traditionnellement utilisée en France pour comptabiliser l'énergie électrique. C'est ainsi. Cela correspond à un système qui a fourni 1W pendant 1h ou bien 2W pendant 30 min, ou bien 0,5W pendant 2h. Cela correspond aussi à 3600 Joule puisque dans une heure, il y a 3600 secondes. Mais le Watt-heure est une unité d'énergie et peut aussi s'employer pour les autres formes d'énergie : 500Wh d'énergie mécanique, d'énergie chimique, etc.

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La compréhension populaire de l'énergie

L'énergie est un domaine qui se comprend progressivement avec l'âge et l'expérience. hierar corpsLorsque l'on est gamin, la première expérience avec l'énergie est en rapport avec le corps. Très tôt, on constate, sans forcément le comprendre dans le sens énergétique des choses, que le corps est une machine qui a des capacités de travail et donc de fourniture et de dépense d'énergie.

A l'école primaire et au collège par exemple, on fait du sport et notamment, on s'essaye à deux types de course à pied : la vitesse et l'endurance. Certains préfèrent le "60 mètres", d'autres préfèrent les "20 minutes". Ceux qui préfèrent le "60 mètres" ont des corps qui fournissent beaucoup de puissance, en Watt. Ceux qui préfèrent le "20 minutes" ont des corps qui fournissent beaucoup d'énergie, en Joule ou en Watt.heure.

Voici un schema de hiérarchisation des niveaux de compréhension de l'énergie (lire du bas vers le haut) :

hierarchie

Il semble difficile de comprendre chaque étage sans avoir quelques notions dans les étages en-dessous.

Le système éducatif français

Depuis trente ans, l'éducation populaire à l'énergie se résume à un poster en classe de 3è ou 4è, montrant une centrale hydro-électrique et une centrale nucléaire.

L'éducation à l'énergie n'est pas là pour favoriser telle ou telle solution de production d'énergie, elle a pour objectif de donner aux enfants les moyens de raisonner en termes énergétiques sur la vie de tous les jours.

Par exemple, lorsque l'on connaît les principes de la sensation de chaleur sur la peau, on sait se choisir des habits pour se protéger des aspects négatifs du climat, on sait aussi plus tard choisir et adapter son logement pour le confort que l'on désire y trouver.

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Eloge du système électrique décentralisé

Extrait de l'"autonomie énergétique"
On l'a vu en introduction, à l'origine, on a choisi de développer de grands réseaux électriques pour éviter de produire l'électricité en brûlant le pétrole chacun chez soi et parce que la production hydro-électrique qui complémentait les centrales thermiques fossiles le nécessitait. Voici ce qu'écrit Herman Scheer :

"Le contexte qui a incité à choisir le modèle d'approvisionnement électrique reliant de grandes centrales de production a cependant tendance à devenir caduc dans le cas des énergies renouvelables. L'utilisation de l'énergie solaire pour la production d'électricité autonome et décentralisée n'exige plus de transports de combustibles. La "fourniture" des rayons solaires se fait d'elle-même et ne coûte rien. S'y ajoute la possibilité de transformer en électricité le biogaz issus des nombreux déchêts alimentaires dans les villes, de la production d'énergie électrique à partir d'énergie éolienne dans des zones situées à proximité des cités ou des zones rurales.

Même si cette mission est assurée par des syndicats de l'électricité, on a pas besoin de grands réseaux de transport. Au contraire, les réseaux existants seront d'autant moins surchargés que la production et la distribution électriques décentralisées se propageront. Les coûts supportés par les utilisateurs du réseau augmenteront donc si celui-ci - dans le cadre d'une libéralisation équitable pour tous les participants au marché - n'est plus cofinancé par ceux qui ne l'utilisent plus qu'en partie ou plus du tout. Cela en incitera beaucoup à passer à la production et à la commercialisation décentralisées. Le système traditionnel perdra les avantages économiques qu'il présentait jusqu'alors. L'approvisionnement énergétique se fragmentera. Outre l'électricité distribuée par un syndicat, on trouvera des productions centralisées couvrant les besoins du producteur et ceux du voisinage. Ou encore des production par quartiers et d'autres destinées à de petites villes, totalement autonomes ou complétées par des câbles d'appoint.

La distribution d'électricité reviendra à la vision d'Edison, le pionnier de l'électricité. Cette vision n'est praticable que sur la base des énergies renouvelables et le retour à ce système ne sera ni complet, ni immédiat mais progressif."
Extrait de "L'autonomie énergétique" de Herman Scheer, Actes Sud, 2007, page 93.

Faire cuire un oeuf au nucléaire
Voici la chaîne énergétique « faire un cuire un oeuf au nucléaire » :
- J'ai besoin de chaleur
- on extrait de l'uranium naturel dans une carrière au Niger
- des ouvriers sont atteints de maladie et meurent par inhalation des poussières d'uranium mais Areva refuse depuis longtemps de le reconnaître et de le prendre en charge,
- on amène l'uranium dans la centrale Erodif dans la Drôme, qui consomme trois réacteurs nucléaires pour enrichir l'uranium
- ca fait des déchêts, il y a des effluves chimiques, il faut des centres de recherches, il faut des chercheurs, on est en train de vouloir construire une nouvelle usine d'enrichissement à côté,
- on amène l'uranium enrichi dans la centrale nucléaire
- on met en oeuvre la réaction de fission nucléaire,
- il faut refroidir en permanence le réacteur car sinon au bout de 30 minutes, c'est la fusion, accident de type Tchernobyl
- il faut traiter sur place les premiers déchêts, les séparer avec des agents chimiques, rejeter ces effluves chimiques et rejeter les déchêts nucléaires que l'on ne veut pas stocker, comme le tritium qui est intégralement rejeté dans la Garonne et dans l'air à Golfech,
- pour les déchêts radioactifs, on les stocke sur place, puis on les envoie à La Hague pour y être séparés, on sait pas trop pourquoi mais ca coute cher.
- il faut des commissions d'enquête, il faut des laboratoires, des chercheurs, des rapports parlementaires, des instituts pour chercher quoi faire de ces déchêts,
- il faut construire un centre d'enfouissement à bure, qui coûte très cher, par rapport à un stockage en surface, mais on ne sait pas bien pourquoi non plus on fait cela,
- la centrale fonctionne avec du personnel sous-traitant qui une fois la dose d'exposition à la radioactivité atteinte ne peut plus travailller dans le secteur exposé
- il faut distribuer 60 000 boîtes de pastilles d'iodes aux alentours de Golfech, à 5 euros la boîte, ca fait 300 000 euros payés par la collectivité.
- alors ca fait de la chaleur,
- on convertit en énergie mécanique,
- on convertit en énergie électrique,
- on transporte l'électricité sur des centaines de km
- on a des disjoncteur de grande puissance chez soi
- on met en oeuvre l'effet Joule ou bien les courants de Foucault (plaque à induction)
- on a de la chaleur pour faire cuire l'oeuf.

Faire cuire un oeuf au biogaz :
- dans mon quartier, on trie les déchêts verts
- on amène les déchêts verts dans un digester
- on met en oeuvre la fermentation anaérobie,
- ca produit du gaz, à 75% composé de méthane environ
- on transporte ce gaz dans un réseau de gaz jusque chez moi
- j'ai une gazinière avec un brûleur d'au moins 1 ou 2 kW
- je fais brûler le biogaz, j'ai de la chaleur pour faire cuire l'oeuf


Le tout-électrique de nos maisons est une aberration
Une aberration, selon le dictionnaire, c'est une erreur de jugement. Il suffit de comparer les énergies. Pour faire de la chaleur dans les bâtiments, le bois par rapport à l'énergie électrique nucléaire, à confort égal :
  • le bois, c'est moins cher, de 3 à 5 fois pour un particulier, installation comprise,
  • cela procure l'indépendance vis à vis des importations fossibles et nucléaires,
  • c'est plus efficace, un poêle à double combustion atteint 80% de rendement,
  • cela ne produit pas de gaz à effet de serre, sauf si la découpe et le transport sont réalisés avec du pétrole,
  • cela ne produit pas de déchêts radioactifs encombrants, coûteux,
  • cela ne fait pas peser de risque d'accident radioactif, même petit,
  • cela crée plus d'emplois et répartis sur tout le territoire.
Mais certains ont de gros intérêts la-dedans : M. Bouygues par exemple
  • possède des sociétés qui font le béton des centrales nucléaires - l'EPR en Finlande par exemple,
  • possède des sociétés qui font des bâtiments chauffés à l'électrique pour rentabiliser les centrales nucléaires,
  • possède TF1 pour faire la publicité indirecte de tout ce système.

boussole





La boussole est le premier instrument dont il faut se servir au tout début d'un projet de construction.





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Quelques critiques et données sur l'électro-nucléaire

Les déchêts radioactifs
L'usine de Golfech en 2002 (source EdF) :
  • a produit 19 milliards de kWh électriques,
  • a généré 50 tonnes de DHAVL (Déchêts radioactifs Haute Activité à Vie Longue)
  • a rejeté 2300 GBq de tritium radioactif (H3, cancérigène) dans l'environnement : dans la Garonne à deux kilomètre en aval et dans l'air par la cheminée de 70m de haut.
Certains déchêts ont une durée de vie au-delà de 25000 ans. Leur gestion étroite est obligatoire car la nocivité pour la santé est très forte. Certains déchêts générés en 2005 seront toujours dangereux pour la santé quand l'humanité aura traversé 2 changements climatiques.

Le risque d'accident majeur
La sûreté nucléaire est un domaine où la France est forte : c'est en considérant que l'accident est inévitable que l'on arrive aux meilleurs résultats en terme de vigilance et de prévention. Un des plus graves incidents ayant eu lieu en France s'est produit les 27,28 et 29 décembre 1999 à la centrale du Blayais, près de Bordeaux, voir par exemple ce résumé des évènements.
Sur les conséquences d'un accident grave, on se focalise souvent sur le nombre de morts, comme c'est le cas pour Tchernobyl avec ces interminables querelles de procédure de comptage. On ne pense pas toujours aux survivants.
En cas d'accident majeur à la centrale nucléaire du Blayais, sur l'estuaire de la Gironde, qui des survivants accueillera les touristes venus déguster les vins du Bordelais ? Personne puisqu'il n'y aura plus de touriste pour très longtemps. J. Lovelock considèrera sûrement que ce serait une chance pour l'environnement Bordelais de ne plus avoir d'humains sur son sol ayant le train de vie actuel. En raisonnant comme lui, on pensera volontiers que ce serait une chance pour la planète de plus avoir de français sur le sol français après 58 accidents majeurs. On constate dans la région de Tchernobyl qu'on peut y vivre après une catastrophe nucléaire : on trouve des réfugiés Tchétchènes mais on ne trouve pas beaucoup de résidences secondaires d'hommes politiques français pro-nucléaires, ni de boîtes branchées pour la Jet Set.

Le nucléaire français a été construit sur de mauvaises fondations
Les ingénieurs américains de Westinghouse qui, dans les années 70, ont vendu les réacteurs aux ingénieurs français, n'intégraient pas le coût du démantèlement dans leurs calculs de rentabilité [information obtenue de vive voix d'un de ces ingénieurs vendeurs]. Lorsque les ingénieurs français vendent en 2005 des centrales EPR aux islandais, aux chinois, intègrent-ils le coût du démantèlement et comment font-ils alors pour arriver à leur vendre ? On dit que le véritable coût de l'électricité nucléaire est le double de ce qu'il est mais comment savoir si tout est pris en compte, coût de la recherche, par exemple pour la proposition de l'enfouissement profond à Bure, des sommes importantes sont dépensées.

Le coût masqué de l'industrie à risques rend la progression des alternatives impossibles
Le véritable coût du nucléaire est masqué dans les impôts. Aussi, pour se mettre à son niveau de prix, il faut être fortement subventionné. La subvention d'une alternative est une remise en cause du fondement puisque c'est une alternative. Donc, mécaniquement, il est difficile de faire bouger la situation. Seule une volonté politique de faire reculer la part du nucléaire civil dans le bouquet énergétique permettrait de faire émerger des alternatives. Développer les renouvelables sans faire reculer le nucléaire est une utopie.

Fragilité
Le système énergétique français est fragile aux attaques extérieures à cause de sa centralisation : quelques bombes conventionnelles bien ciblées suffiraient à le déstabiliser, à priver de chauffage des millions de gens en hiver, à priver de lumière, de stockage de médicaments dans du froid en été, etc. La pauvreté de la diversité des sites de production rend le système très vulnérable. Bien sûr, on dit que c'est prévu par la stratégie de Défense Nationale. Mais ce qui est prévu, c'est de faire fonctionner les postes stratégiques, pas de secourir une population qui ne serait livrée qu'à elle-même, sans ressources énergétique puisque celle-ci est centralisée.

L'étroite liaison avec le nucléaire militaire complique les choses
La doctrine française conçoit le nucléaire militaire et le nucléaire civil comme indissociables. La stratégie des militaires est de faire croire que la politique énergétique civile est un fondement indispensable pour la stratégie de Défense Nationale. Or, c'est faux puisque si la stratégie de Défense Nationale repose sur la dissuasion nucléaire, le plutonium militaire fût déjà fabriqué par des piles à plutonium dans les années 60 : il n'y a pas besoin de faire de l'électricité pour fabriquer du plutonium, une réaction de fission seule suffit. Qui plus est, le plutonium est déjà un élément abondant sur Terre, malgré le fait qu'il n'existe que par le maniement des armes de destruction massive par les hommes.
Le problème général du système est qu'il restreint la liberté individuelle et celle des collectivités de choisir un mode de production / consommation d'énergie différent du tout-électrique tout-nucléaire.

La société des mensonges
Le Ministère de la Santé, qui est censé nous portéger, a menti sur les retombées du nuage radioactif de Tchernobyl. Au lieu de protéger les individus, le Ministère de la Santé a protégé l'industrie nucléaire en faisant prévaloir le risque de panique - comment si les autres peuples européens avaient paniqué à l'annonce des mesures de préventions prises dans leurs pays - sur l'annonce de la vérité.
Pendant 20 ans, le Ministère de la Santé n'a commandé aucune enquête épidémiologique digne de ce nom sur les conséquences du passage du nuage de Tchernoby. Un seul enfant a été examiné officiellement. Pire, les nucléocrates affirmaient que le nombre de cancers de la thyroïde avait augmenté avant l'accident de Tchernobyl... Sauf que les chiffres n'était calculés que sur la morbidité thyroïdienne et sur UN SEUL département : voilà comment on dégage des conclusions au Ministère de la Santé.
En mars 2006, l'Assemblée de Corse a commandité une enquête indépendante sur les conséquences du passage du nuage de Tchernobyl. Le seul moyen de connaître la vérité est en effet pour eux de ne plus s'appuyer sur le Ministère de la Santé, ni sur les institutions en général, qui sont toutes gangrénées par une chape de plomb et de silence.
Exactement comme la pédophilie, le mal interne ronge la société de l'intérieur et le silence est l'ennemi de la vérité. Pourtant il est facile de constater que la radioactivité artificielle disséminée ne peut qu'augmenter les risques de cancer. Il suffit de connaître les effets de la radioactivité sur le corps humain.

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Sur l'indépendance énergétique


Comment est calculée l'indépendance énergétique ?
C'est un pourcentage, c'est-à-dire une division, établie chaque année par la DGEMP (Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières) et incluse dans le bilan énergétique national, cela depuis 1974, date du choc pétrolier volontairement créé par les pays de l'OPEP.

L'indicateur prend en compte l'énergie primaire, c'est-à-dire l'énergie contenue dans les matières premières, telles que la nature nous les donne : pétrole brut, gaz naturel, houille, charbon, uranium naturel. On considère les deux valeurs :
  • la quantité d'énergie primaire produite sur le sol national français,
  • la quantité d'énergie primaire consommée sur le sol national français.
L'indicateur "indépendance énergétique" est calculé par la division de la première valeur par la deuxième.

Exemple :
Extrait du bilan énergétique 2004 (http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/pdf/bilan2004.pdf) pages 6 et 7 :

  • Energie primaire produite sur le sol national en 2004 : 138,1 Mtep
  • Energie primaire consommée en 2004 : 276,2 Mtep
  • Indépendance énergétique = 138,1 / 276,2 = 0,501
Donc la DGEMP dit dans son bilan 2004 : "l'indépendance énergétique est de 50,1%".
Elle détaille l'énergie primaire produite sur le sol national par type d'énergie. Et l'on constate que sur 138,1 Mtep produites sur le sol national, 116,8 Mtep sont de l'énergie primaire contenue dans l'uranium naturel. Ainsi, si l'on regarde la part de l'énergie primaire uranium produite sur le sol national dans la totalité de l'énergie primaire consommée en 2004, on obtient 116,8 / 276,2 = 42,3%.

Première remarque sur l'indépendance énergétique
La DGEMP considère que l'uranium naturel est une énergie produite sur le sol national. Mais la totalité de l'uranium naturel est importé par Areva du Nigéria, du Canada, et d'Afrique du Sud. C'est donc une indépendance somme toute très relative, relative aux combustibles fossiles plus exactement.

Comptabilisation de l'énergie finale
Depuis 2002, la France est obligée de respecter des normales internationales pour comptabiliser publiquement son énergie et ceci l'oblige à montrer les chiffres en énergie finale.

L'énergie finale, c'est l'énergie qui est consommée "aux compteurs". Pour le pétrole, c'est l'énergie consommée aux pompes à essence, pour l'uranium, c'est l'énergie électrique consommée au compteur EdF. Entre energie primaire et énergie finale, il y a le rendement des systèmes de production, de raffinage et de distribution. L'énergie finale, en quelque sorte, ce sont les besoins des consommateurs d'énergie, à leurs compteurs.

La DGEMP dans son bilan 2004 donne ainsi les chiffres de consommation d'énergie finale, chapitre 5, pages 15-20.

  • Consommation d'énergie finale en 2004 : 161,2 Mtep
  • Consommation de combustibles fossiles en énergie finale 2004 : 114,7 Mtep
  • Consommation d'électricité finale en 2004 : 36,1 Mtep
  • Consommation d'énergie renouvelable thermique finale 2004 : 10,4 Mtep

Deuxième remarque sur l'indépendance énergétique
Nous pouvons calculer la part de l'électricité nucléaire finale dans la totalité de l'énergie finale consommée, afin de comparer avec le chiffre en énergie primaire qui est de 42,3%.

Le bilan 2004 dit que 78% de l'électricité produite provient de l'uranium. Ce rapport doit se retrouver dans l'électricité finale consommée au compteurs. Alors la consommation d'électricité nucléaire finale en 2004 est de 36,1 * 0,78 = 28,158 Mtep. Sur un total de 161,2 Mtep d'énergie finale consommée en 2004, l'électricité nucléaire représente donc 28,158 / 161,2 = 17,5 %.

L'utilisation et l'interprétation des chiffres par les hommes politiques
Les hommes politiques véhiculent volontiers des affirmations du genre :
  • le nucléaire procure l'indépendance énergétique de la France
  • 40% de notre énergie est assurée par le nucléaire
Le lecteur aura constaté de lui-même que ces affirmations sont plutôt vraies si l'on raisonne en énergie primaire tandis qu'elles sont plutôt fausses si l'on raisonne en énergie finale, c'est-à-dire au niveau des besoins des consommateurs. On peut par contre affirmer que
  • le nucléaire procure une indépendance vis-à-vis des énergies fossiles pour fournir de l'électricité.
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Sur le réchauffement climatique

Le nucléaire n'est PAS une solution au réchauffement climatique pour son faible dégagement de CO2". Il semblerait qu'il faille absolument préciser que cette affirmation ne constitue pas une négation du problème de l'évolution du climat : alors nous le précisons.

Résumé : Est-il besoin de le rapeller, tant le matraquage médiatique est fort depuis 2003, pour produire de l'électricité, l'électro-nucléaire dégage moins de CO2 que les combustibles fossiles, beaucoup moins. Pour autant, on ne saurait dire à quel point la politique énergétique française est erronée si elle vise à utiliser davantage le nucléaire.


Première nuance : qu'est-ce que cela change ?

Qu'est-ce qui montre que l'humanité ne va pas épuiser totalement les réserves de pétrole, de gaz et de charbon ? Rien. Que pèse le système tout-électrique tout-nucléaire français dans le concert mondial de l'épuisement des combustibles fossiles ? Des clous.

Pour autant ce n'est certes pas une raison de se comporter comme des sauvages vis-à-vis du dégagement de CO2, mais au moins que ce soit dit pour ceux qui font de la peur des ouragans un commerce : les ouragans seront là - ils seront peut-être dû au réchauffement global mais nous n'en sommes pas certain aujourd'hui sur le plan scientifique -, ou ils ne seront pas là, nucléaire civil ou pas nucléaire civil.

Autrement dit, tout ce que l'on peut dire sur les problèmes du changement climatique, cela va arriver, que l'on développe 100 centrales nucléaires, 50 centrales nucléaire ou zéro centrales nucléaires.


Deuxième nuance : quels sont les risques réels évitables ?

Le changement climatique est inévitable. On ne sait pas prédire exactement les conséquences mais cela peut être vraiment déstabilisateur. La combustion d'hydrocarbures fossiles extraits des sols est le premier facteur d'accroissement de la teneur en CO2 et du réchauffement.

Parmi les conséquences envisagées, il y a les phénomènes climatiques exceptionnels. On ne sait pas le prouver aujourd'hui avec les modèles mathématiques et les ordinateurs mais on peut supposer que l'accroissement des ouragans observé dans le Golfe du Mexique en 2005 est provoqué par le réchauffement global de la planète.

L'un des incidents nucléaires les plus graves qu'ait connu l'exploitant EdF s'est produit pendant un phénomène climatique exceptionnel : la tempête de décembre 1999. Les 27 et 28 décembre 1999, les opérateurs de la centrale du Blayais sur l'estuaire de la Gironde ont vu le niveau de l'eau monter sans pouvoir rien y faire. Le coefficient de marée était ce soir-là de 70. S'il avait été de 120, l'eau aurait pénétrée au coeur du réacteur, ce dernier partant alors en fusion incontrôlée et ca aurait été l'accident majeur de type Tchernobyl à Bordeaux.

Le réchauffement peut accroître ces phénomènes et donc la gravité de ces incidents nucléaires. Il y a en France 58 réacteurs construits au fil de l'eau. La construction d'un 59è a débuté.

Le système centralisé électro-nucléaire de chauffage des habitations (30% de l'électricité produite) est très vulnérable en cas de phénomène climatique exceptionnel en plein hiver. De nombreux ménages et bureaux peuvent se retrouver dans l'incapacité de se chauffer.

Le risque d'accident nucléaire de type 'fusion de réacteur' est évitable. En France nous pouvons réduire considérablement ce risque, il y a plein d'avantages, l'indépendance énergétique, les emplois, le développement, l'environnement, la pérennité.

Troisième nuance : les énergies renouvelables participent à Kyoto

Le réseau électrique métropolitain dégage en moyenne annuelle 0,12 kg de CO2 / kWh (source MIES 2002) ou 0,054kg de CO2/kWh selon EdF (source EdF 2005). L'opérateur EdF satisfait la demande en électricité par des centrales thermiques lors des pics de demande.

Production brute d'électricité thermique en 2004 : 58 TWh
Production brute d'électricité hors exportations en 2004 : 510 TWh

Part du thermique dans la production consommée en France : 11,3% (notons que Patrick Ollier, député UMP des Hauts-de-Seine, après avoir déposé des amendements à la loi d'orientation sur l'énergie en mars 2005, amendements qui auraient eu pour conséquences de supprimer la filière éolienne , a annonçé le chiffre faux de 5% dans Le Figaro daté du 26 mars 2005).

L'éolien, le photovoltaïque, la cogénération à partir de biomasse participent à éviter ce dégagement de CO2. Car la puissance des turbines à gaz particulièrement peut être réglée de manière fine et évoluer rapidement. Les productibles éolien et solaire sont certes intermittant mais prévisibles assez longtemps à l'avance pour anticiper le réglage des centrales thermiques.

Par exemple, si 1 kWh de photovoltaïque remplace 1 kWh de charbon, alors ce sont environ 1000 g de CO2 qui sont économisés.

Il n'est pas rare de rencontrer des gens obnubilés par le réchauffement climatique, pensant que le nucléaire est une solution, rejettant l'idée d'un bouquet énergétique mixte avec éolien et photovoltaïque. Force est de constater qu'à défaut de cohérence, ils possèdent des convictions dans tous les sens.


Quatrième nuance : c'est une question : et la chaleur ?

La part de réchauffement global planétaire dûe au dégagement de chaleur des hommes et de ses activités apparaît infiniment plus petite que la part du même réchauffement climatique dûe aux gaz à effet de serre. Mais nous nous sommes posé la question quand même.

Etant donné les chiffres de l'énergie primaire échangée dans le monde en 2003, publiés par l'IEA, International Energy Agency, le dégagement de chaleur des 6,3 milliards d'humains avec ses utilisations d'énergie primaire s'est élevé à 74000 TWh, ce qui n'est pas grand chose quand on compare avec la chaleur reçue du soleil. Mais pour un îlot de chaleur comme Paris, il y aurait un dégagement de chaleur de 4,6 W/m², chiffre qui est à comparer avec le dégagement de chaleur sensible sur la Terre entière : 20 W/m². Ceci n'est peut-être plus du tout négligeable.

"Avant de prendre en compte dans les modèles climatiques globaux (travaillant généralement sur des échelles spatiales de l'ordre de 100 km) ces perturbations des flux locaux ou régionaux, il reste beaucoup de travail à faire sur d'autres questions plus importantes. Peut-être les japonais vont-ils les aborder avec leur "Earth Simulator".

Robert Kandel, LMD Paris. Correspondance, sept 2005.

Dans tous les cas, aucun modèle climatologique en 2005 ne prend en compte les îlots de chaleur des hommes aujourd'hui, il y a encore beaucoup de travail sur la simple mise en équation des phénomènes climatiques globaux.


Cinquième nuance : un rappel

Nous rappellons au passage que parmi les scénarii envisagés par les équipes qui ont planché sur les solutions pour faire face au réchauffement climatique lors du passage de D. Voynet au Ministère de l'Environnement (1997-2002), seul le scénario S3 basé sur les économies d'énergie permet de réduire les émissions de CO2. Les scénarii où l'on se base sur le nucléaire pour réduire les émissions montrent une augmentation, exactement le contraire de ce qui est voulu.

Le nucléaire non seulement incite à la consommation d'énergie, mais il y oblige.

Conclusions

Considérant que le changement climatique est inévitable, que les dangers qu'il fait peser sont incertains, qu'une politique énergétique basée sur le nucléaire ne changera rien à l'évolution du climat, que le système énergétique français basé sur le nucléaire est fragile face aux phénomènes climatiques exceptionnels, le nucléaire apparaît comme une solution particulièrement inadaptée.

Afin de faire face aux dangers, phénomènes climatiques exceptionnels et accidents majeurs nucléaires qu'ils peuvent engendrer, il vaut mieux envisager des solutions énergétiques plus légères car décentralisées, plus souples et moins risquées, qui donneraient à la France une indépendance énergétique structurelle en profondeur, une marge de manoeuvre importante face aux dangers tout en garantissant la pérennité environnementale sur le long terme.

Afin de doter la France d'une capacité de reconfiguration énergétique rapide dans un avenir incertain par rapport à ses dangers, il vaut mieux envisager une sortie du nucléaire, au moins partielle, et le plus vite possible.

Etant donné que le développement décentralisé des systèmes énergétiques pour des besoins locaux assumés est techniquement faisable avec les moyens actuels, motivant pour les populations, et fécond en termes économiques, il est possible revenir sur les décisions d'implantation des EPR. Cet objectif ferait date dans l'histoire de l'humanité, sachant que la France serait considérée comme la première Nation de puissance nucléaire à établir un système énergétique souple et structurellement adapté aux incertitudes du climat.

Dans tous les cas, défendre l'idée que l'électro-nucléaire est une solution au changement climatique est fortement nuancé, par le fait qu'un tel système est d'une lourdeur et d'une dangerosité exagérées face à des dangers incertains pour lesquels il convient de se réserver, et de se doter d'une possibilité de reconfiguration énergétique.

Enfin, il faut souligner que le nucléaire empêche les énergies renouvelables de se développer concrètement et de manière massive. Sur les chauffe-eau solaires thermiques par exemple, comment envisager de les developper sans réduire la part de marché du nucléaire nocturne ? Tant qu'il ne sera pas dit clairement en termes chiffrés qu'un des objectifs est de remplacer du nucléaire par des renouvelables, comment croire que la consommation va baisser ?



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Un peu sur l'espérance énergétique

Le terme "espérance énergétique"  est repris ici du livre de Jean-Luc Perrier "Energie Solaire - Etat actuel des applications" Editions Techniques et Scientifiques Françaises. C'est le titre du premier chapitre du livre, écrit en 1981. Ce n'est donc pas nouveau.

Le soleil directement ou indirectement via la biomasse ou le vent peut fournir une grande partie des besoins humains
sur la planète. Les avantages par rapport aux énergies fossiles et nucléaires sont nombreux : indépendance énergétique, prix inférieur, impact minimal sur l'environnement naturel, emplois. Mais pour un pays comme la France, cela semble aller contre le confort du tout-électrique, en apparence seulement.

La progression des énergies renouvelables ne passe pourtant que par une diminution de la part de l'électricité nucléaire consommée. Aujourd'hui, on trouve un cumulus électrique à 100€ dans toute grande surface spécialisée. Le jour où l'on trouvera le chauffe-eau solaire à 500€ dans ces mêmes grandes surfaces, alors il y aura un réel changement.

Cette diminution de consommation d'électricité n'est cependant pas une diminution de confort, comme déjà énoncé dans la rubrique "C2E - Accueil" puisque l'ensemble confort énergétique et confort environnemental ne bouge pas.

EdF pourrait s'appeler "Energies de France", pourrait vendre de la chaleur via des réseaux de chaleur d'un côté et continuer de vendre de l'électricité de l'autre côté. L'entreprise depuis 30 ans doit faire face aux nombreux problèmes de fourniture d'électricité à grande échelle. Durant l'hiver rigoureux 2004/2005, elle a du faire venir des groupes électrogènes en Corse pour faire face à la demande. Si les chauffages solaire, et au bois étaient développés, par EdF entre autres, dans l'île de beauté, ces problèmes d'approvisionnement complémentaires en pétrole n'existeraient pas.

Citons Jean-Luc Perrier dans son livre, page 30 : "L'énergie solaire ne concurrence pas l'énergie nucléaire, elle l'économise".



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Sur les unités

Sur les multiplicateurs :
10^
3
6
9
12
prefixe
kilo
mega
giga
tera
abréviation
k
M
G
T
X
000
000
000
000

Par exemple :
1 kW = 1 000 W
1 MW = 1 000 kW = 1 000 000 W
1 GW = 1 000 MW = 1 000 000 kW = 1 000 000 000 W
1 TW = 1 000 GW = 1 000 000 MW = 1 000 000 000 kW = 1 000 000 000 000 W

Sur les unités d'énergie :
1 Wh = 3600 J
1 kWh = 3,6 MJ
1 tep = 11620 kWh
1 Mtep = 11620 GWh = 11,62 TWh
1 J = 9,478.10^(-19) quad
1 quad = 293 TWh
1 calorie = 4,187 J

Le Joule est l'unité internationale.

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Quelques repères en électricité résidentielle


repart
Ce graphique est le résultat d'une étude d'une famille de 4 personnes qui ne chauffe pas à l'électricité mais qui possède un cumulus électrique. L'eau chaude sanitaire représente 58% de l'électricité consommée dans une année.

repart puissance
La puissance électrique nécessaire à cette habitation totalise 17000 W ou 17 kW. Comme jamais tous les appareils sont en marche en même temps, une puissance de 6 kVA est souscrite. Mais l'on voit que 63% de la puissance appelée par ce logement (11 kW) est dû à des appareils qui procurent de la chaleur.

Le cabinet Olivier Sidler a publié des résultats d'une étude financée en partie par l'ADEME et l'Europe, montrant la répartition des usages de l'électricité dans le logement résidentiel. Des capteurs ont été installés dans des foyers et les relevés ont été collectés et rassemblés dans un graphique instructif (2003). Voir à ce sujet les résultats publiés http://sidler.club.fr/page9.html.

On peut voir publiés dans Clefs CEA n°50/51 hiver 2004-2005, les chiffres suivants, concernant la répartition des usages de l'électricité dans le logement en France :
  • Chauffage : 34%
  • Eau chaude sanitaire : 15%
  • Eclairage : 10%
  • Froid : 10%
  • Lavage : 10%
  • Cuisson : 8%
  • Produits bruns (électroménager, électronique) : 7%
  • Autres : 6%
Si à partir de ces données, nous regroupons le chauffage, l'ECS, le lavage (car la majeure partie de l'électricité consommée sert à chauffer l'eau), et la cuisson dans un groupe nommé "chaleur", alors l'électricité qui sert à faire de la chaleur représente 67% de la consommation moyenne des ménages dans le logement résidentiel.

Un cumulus électrique de 200l (4 personnes), réglé à 55°C, consomme environ 2800 kWh / an . En installant un chauffe-eau solaire couvrant 75% des besoins annuels (cela dépend du climat de la région), la consommation électrique du cumulus tombe à 700 kWh / an.

A partir du moment où l'on dispose d'un chauffe-eau solaire à 75% de couverture annuelle, il devient intéressant - financièrement parlant - de souscrire une puissance de 3kVA au compteur au lieu de 6kVA si l'on est en dessous des 2000 kWh/an de consommation électrique en heure pleine. Ce calcul a été réalisé à partir de l'argus des énergies avril 2005 publié par le cabinet Olivier Sidler.





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Une simulation des besoins en 2023

Avertissement : ce qui suit est une façon de voir les choses, qui ne tient pas compte des besoins éventuels en électricité pour le transport : véhicules électriques et production d'hydrogène.

En partant des données énergétiques de 2003
(Bilan énergétique 2003 de la France, Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières), nous pouvons estimer les besoins en 2023 dans le cas où :
  • il serait envisagé de transférer la moitié du chauffage électrique en 20 ans vers des renouvelables,
  • il serait envisagé de diminuer le reste de consommation d'électricité de 50%.
La production d'électricité en 2003 a été de 566,9 TWh (page 9). La consommation d'électricité finale, c'est-à-dire celle comptabilisée aux compteurs de consommation des clients s'est élevée à 35,5 Mtep, soit 412,5 TWh (page 17).

Réalisons maintenant la simulation : en 2023,
  • nous aurions éliminé la moitié du chauffage électrique, qui représente aujourd'hui environ 30% de la consommation d'électricité ; l'économie en électricité serait de 412,5 * 0,15 = 61,8 TWh.
  • nous aurions diminué de moitié le reste de la consommation électrique, l'économie en électricité serait de (412,5 * 0,7) / 2 = 144,4 TWh.
  • Au final, en 2023, les besoins aux compteurs d'électricité seraient de (412,5 - 61,8 - 144,4) = 206,3 TWh.
Il faut tenir compte du rendement de distribution (pertes en lignes, dans les transformateurs) que nous prenons à 0,85. Donc, à partir de ces 206 TWh de besoins en électricité aux compteurs, il faudrait 206/0,85 = 242 TWh d'électricité en sortie d'usine de production.

En 2003, hydraulique/éolien/photovoltaïque ont produit 65,2 TWh. Supposons raisonnablement que ce chiffre atteigne 100 TWh en 2023 (hypothèse faible), il resterait à fournir 142 TWh d'électricité en sortie d'usine.

Supposons que des centrales de cogénération (production simultanée de chaleur et d'électricité), à gazéification de bois par exemple (comme chez XyloWatt, en Belgique), se développent. Un telle usine de puissance 500 kW électrique peut fournir environ 4 GWh d'énergie électrique par an (91% de disponibilité). Si 1000 usines comme celle-ci s'implantent en France, elles produiraient 4 TWh/an, ce qui ne permet pas de satisfaire les besoins de 142 TWh.

Reste donc les centrales thermiques, à combustible fossile ou nucléaire. Un réacteur nucléaire de puissance 1300 MW produit environ 10 TWh d'énergie électrique par an. Aussi, en comptant 4 réacteurs pour l'auto-consommation, il faudrait 142/10 + 4 = 18 réacteurs nucléaires de 1300 MW.

Aujourd'hui, il y a 58 réacteurs nucléaires installés sur le sol français : 3 fois plus que ce qu'il ne faudrait dans ce scénario, qui, répétons-le, ne tient pas compte d'éventuels besoins en électricité pour les transports (véhicules électriques et production d'hydrogène).
Il n'y aurait pas d'URGENCE de construire de nouveaux réacteurs comme l'EPR mais de mettre les crédits sur les renouvelables qui satisfont les besoins en chaleur.

Ce scénario est construit sur
l'hypothèse de transférer l'électricité pour faire de la chaleur vers des renouvelables. Cela se justifie pour de plusieurs raisons : prix, indépendance énergétique, environnement, et emplois. C'est un scénario plutôt réaliste qui consiste simplement à
  • développer les systèmes de chauffage et d'eau chaude à partir du soleil, du bois et de la géothermie, et
  • et se munir d'appareils électriques économes en énergie.
Pour mieux comprendre les scénarii alternatifs et crédibles au tout nucléaire, voir la page de l'association des Nega Watt : http://www.negawatt.org.


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Les économies de puissance, c'est quoi ?

Juin 2005.
Cette puissance max que nécessitent 2 millions de cafetières électriques fonctionnant en même temps est :

- 2 millions * 1kW = 2 millions de kW,
- ou encore 2000MW,
- ou encore l'équivalent en puissance à 2 réacteurs nucléaires de 1000MW chacun.

Cela ne veut pas forcément dire qu'en abandonnant 2 millions de cafetières, nous pouvons fermer 2 réacteurs. Cela signifie qu'EdF doit trouver de nouveaux clients pour son électricité nucléaire. Mais pas dans n'importe quelles conditions.

***** Simulation : 2 millions de cafetières électriques ne sont plus utilisées

Disons que 2 millions de cafetières électriques tournent entre 7h00 et 7h30 le matin, habituellement. Puissance installée nécessaire : 2000MW. Energie consommée : 2 000 000 * 0,180kWh * 300 utilisations/an = 108 000kWh = 108 MWh. Dans un premier temps, si des centrales thermiques ou hydrauliques sont en marche on pourrait les arrêter pendant 1/2 heure. Mais le mieux en fait, pour EdF, c'est de trouver des clients qui consomment à ce moment-là cette électricité.

1. La Tchéquie est en plein boum (les tchèques, c'est plus tendance que les polonais :-)), les tchèques achètent des cafetières électriques et des accords peuvent être passés avec la France pour fournir de l'électricité : c'est l'Europe et ses orientations, ses autoroutes de l'électricité. C'est le scénario ou les efforts des citoyens français seuls ne réussissent pas à faire fermer des centrales.

2. On a pas les autoroutes, il faut agir sur la consommation intérieure. Les citoyens malheureux de ne plus appuyer sur un bouton (mais attendez, la cafetière à granulés de bois arrive!) compensent leur frustration par la dépense en systèmes électroniques individuels, ce qui est un secteur des consommations d'électricité en augmentation de volume. Un ordinateur portable a une puissance de 30W environ. Pour compenser la perte entre 7h et 7h30 avec des portables, il faudrait 108000kWh/0,030kW = 3600000 heures = à 30W = 1800000 demi-heures à 30W = 1,8 millions d'ordinateurs portables allumés entre 7h et 7h30 le matin.

Donc:
Pour remplacer l'énergie de 2 millions de cafetières de 7h à 7h30, il suffirait de 1,8 millions d'ordinateurs portables. C'est sûrement faisable quand on connaît les moyens publicitaires d'EdF et ses relations.

Mais regardons aussi la puissance électrique nécessaire à disposer :
- 1 cafetière : 1000W
- 1 ordi portable : 30W
Une cafetière nécessite du réseau une puissance 33 fois plus grande que celle d'un ordi portable. (*) Remarque pour les tordus à la fin.

***** C2E
L'idée des *économies de puissance*, c'est cela. C'est vrai que les économies d'énergies, c'est bien. J'ai envie de dire que cela ne suffit pas.

Bien souvent dans la réalité, les économies de puissance riment avec baisse du confort énergétique. Le fer à repasser : de 50W dans les années 50, on est passé à 2000W dans les années 2000. C'est plus rapide à 2000W : vous branchez et hop, c'est chaud. C'est ce que j'appelle le *confort énergétique*.

Mais si dans le même temps qu'on baisse le confort énergétique avec des économies de puissance, on peut gagner en confort environnemental, alors la somme des deux conforts n'a pas bougé. En abandonant ma cafetière électrique il y a quelques mois, je vise à ce confort énergétique de ne plus avoir le risque d'accident majeur sur l'environnement et les déchêts. Je suis prêt à faire ce marché là : baisser mon confort énergétique mais augmenter mon confort environnemental.

***** Economies d'énergie

En supprimant 2 millions de cafetières électriques, on économise donc 0,180kWh/utilisation * 300 utilisations/an * 2 millions = 108 MWh/an. Une unité à Golfech produit environ 8 milliards de kWh = 8000 GWh = 8 000 000 MWh. Donc, l'économie des cafetières représente 0,00135 % de la production d'un réacteur de Golfech. Bof hein ?

***** Economies de puissance

En supprimant 2 millions de cafetières électriques, en considérant qu'elles s'allumaient en même temps, on économise une puissance max installée de 2 millions * 1kW = 2 millions de kW = 2000 MW. La puissance nominale d'un réacteur à Golfech est de 1300MW. On économise donc en puissance 154% d'un réacteur de Golfech ou 77% de la totalité de cette centrale. C'est mieux comme çà ?

*Conclusions
Voilà, je pense que c'est un peu lourd, mais au moins j'en ai dit une bonne partie. Il ne faut pas conclure de cela à l'abandon des économies d'énergie, loin de là. C'est juste que je trouve que l'on ne parle pas assez d'économie de puissance.

HYPOTHESES
- Puissance max d'une cafetière : 1kW
- Temps de fonctionnement à 1kW = 10 minutes environ.
- Puissance moyenne d'un réacteur : 1000MW = 1 million de kW
- Nombre de cafetières électriques transférées aux granulés de bois ou au gaz : 2 millions. C'est très probablement une hypothèse basse car il y a beaucoup plus d'appareils en service. Il y en a dans les foyers mais aussi dans les entreprises, les administrations, partout. De surcroît et en outre, de nombreux appareils comme les expresso, tirent jusqu'à 2kW.
- Un récepteur électrique n'est rien sans un générateur, cela va de soi. Mais aussi, un générateur électrique n'est rien sans un récepteur : faites tourner une éolienne sans rien qui consomme l'électricité derrière, de la fumée va sortir de la nacelle ! La génératrice -> poubelle !
- EdF a la responsabilité d'assurer la puissance infinie du réseau : il ne doit jamais "tomber" parce que la puissance appelée par les récepteurs serait supérieure à la puissance produite et distribuée. La régulation du surplus en
France est assurée par les exportations : si nous ne consommons pas assez, l'électricité passe les frontières jusqu'à trouver un récepteur.
- EdF peut calculer la probabilité que toutes les cafetières soient en fonctionnement en même temps mais de toutes façons, ici, nous considèrons que l'opérateur fournit la totalité de la puissance max des cafetières, comme si
toutes ces passeuses de café s'allumaient au même moment 24h/24.

(*) Remarque
De 7h à 7h30 le matin dans notre simulation, les 1 million de cafetières nécessitent une puissance installée de 1000000*1kW = 1000 MW, tandis que les ordis nécessitent 3000000*30W = 90 MW, soit 11 fois moins. Tiens ! bizarre ; là-haut on avait 33 fois, ici 11 fois. C'est normal, nous avons pris une équivalence en Energie et non pas en Puissance : de 7h à 7h30, une cafetière fonctionne 10min à 1kW et l'ordi 30min à 30W d'o=F9 un facteur 3 entre ratio
des puissances totales.

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Le procès de M. Toupet V.

Juillet 2005.
M. Toupet V. est un poète qui voulait par souci de pédagogie évoquer l'idée de faire de l'eau chaude avec du photovoltaïque et aborder le problème de son financement par la collectivité. Mais il a fini par déranger et on lui a fait son procès. Comme j'y étais, je vous retranscris le compte-rendu de l'audience.