Avertissement

Cette page n'est pas destinée à proposer des chauffe-eau photovoltaïques à la vente.
Cette page a été écrite en réaction à ceux qui ne cessent de répéter : "le photovoltaïque, c'est trop cher, c'est pas rentable pour la collectivité".
Cette page n'est pas destinée à mettre dos à dos le solaire thermique et le solaire photovoltaïque.
Allez faire tourner votre ordinateur avec un chauffe-eau solaire thermique ...
Allez chauffer 200 litres d'eau avec 4m² de panneaux photovoltaïques ...
L'auteur a depuis longtemps cessé de se demander s'il fallait choisir entre son père et sa mère.
Non, le procès de M. Toupet V. permet de prendre conscience que si nous voulons être cohérent, il faut aussi se tourner vers le solaire photovoltaïque, le développer.
Fred Boutet. 17 nov. 2005





Le procès de M. Toupet V.


Bonjour !

Et bien nous sommes en direct de Toulouse où se déroule en ce moment-même le procès de Monsieur Toupet V. Ecoutons ce qui s'y dit !

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Le procureur : « Accusé, levez-vous ! »
L'accusé se lève.
Le procureur : « C'est pas la première fois que nous vous y prenons ! Vous êtes un récidiviste ! »
M. Toupet V. : « Ah non, la dernière fois, j'avais fait les choses qu'à moitié... »
Le procureur : « Taisez-vous ! Et en plus effronté avec cela ! Bon, reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés, à savoir que vous avez établi un devis d'installation photovoltaïque pour faire de la chaleur ? »
M. Toupet V. : « C'est à vertue pédagogique M. le procureur. Je... »
Le procureur : « Je vous demande de répondre par oui ou par non ! »
M. Toupet V. : « Oui ! »
Le procureur : « Bien. Nous allons pouvoir commencer. Faites entrer les témoins ».
Un homme et une femme entrent et se placent à la barre.
Le procureur : « Veuillez s'il vous plaît nous expliquer pourquoi vous avez contacté la société de M. Toupet V. et relater les réponses que vous avez eues. »
Le témoin : « C'est simple, nous envisagions un mode de chauffage solaire de l'eau chaude sanitaire dans notre résidence principale et nous avions vu que la société de M. Toupet V faisait du solaire. »
Le procureur : « Donc, vous avez téléphoné, sans savoir que M. Toupet V. était spécialisé dans le photovoltaïque, que c'est la conversion en électricité de l'énergie solaire, que c'est différent du solaire thermique, si bien connu par chez nous ? »
La témoin : « A vrai dire, oui, nous pensions qu'il s'agissait de la même chose. Solaire thermique ou photovoltaïque, pour nous c'était kif-kif ! »
Le procureur : « Ca arrive à tout le monde, vous avez compris maintenant ? Qu'on ne vous y reprenne pas : l'électricité pour faire de la chaleur, les spécialistes de l'environnement qui ont porté plainte vous le diront : c'est mal ! Bon poursuivez. Que vous a-t-on répondu ?»
Le témoin : « Eh bien effectivement, M. Toupet V. a commencé par nous expliquer la différence entre thermique et photovoltaïque, que lui installait du solaire photovoltaïque qui produisait de l'électricité solaire. Et il nous a proposé une solution pour couvrir une partie de nos besoins en eau chaude. »
Le procureur : « M. Toupet V. est-ce que vous confirmez ? »
M. Toupet V. : « Je confirme votre honneur ! »
Le procureur : « Si vous continuez sur ce ton, ca va mal se passer ! Je vous rappelle que vous êtes l'accusé ! Nous allons en apprendre de belles sur vous je pense ! Monsieur le témoin, continuez s'il vous plaît. »
Le témoin : « Le système était simple : il voulait allumer notre cumulus existant entre 11h et 16h tous les jours pour que l'électricité solaire le fasse fonctionner. »
L'assistance : « ouh ouh ! Nul ! A bas !»
Le procureur : « Silence ou je fais écavuer la salle ! »
Le témoin : « Pour cela, il fallait une surface de capteurs photovoltaïques de 22,5m² sur notre toit ».
L'assistance : «pffff - soupirs - ouh ouh! »
Le procureur : « M. Toupet V., vous rendez-vous compte que vous prenez toute la place avec vos panneaux bourrés de silicum ? »
M. Toupet V. : « C'est un des rares inconvénients M. le procureur ! Et puis je ne suis pas responsable de ce que les gens veulent faire avec l'électricité !»
Le procureur : « Je demande à la partie civile de donner la surface de capteurs thermiques pour satisfaire les besoins des témoins. »
La partie civile : « Nous avons lu le dossier M. le Procureur, c'est 4m² de panneaux thermiques ».
Le procureur : « Bien. Je suppose, Monsieur le Juge que vous avez pris note et qu'il n'est pas besoin de répéter : 4m² contre 22,5m². Une autre question pour les témoins : cela ne vous a pas mis la puce à l'oreille ? »
Le témoin : « Si bien sûr mais dans le même temps, cela me paraissait une bonne idée de faire de l'électricité par ailleurs. »
Le procureur : « Ainsi, le cumulus n'avalerait pas toute l'électricité produite ? C'est ce que vous avez dit aux témoins M. Toupet V. ?... A supposer que votre installation fonctionne bien sûr ! »
M. Toupet V. :  « Mais ca fonctionne Monsieur le procureur : le photovoltaïque couvre 70% des besoins en ECS de ce ménage en moyenne ! Et après cela, il reste un surplus de plus de 2000kWh environ : on en fait ce que l'on veut ! »
Le procureur : « Ca va, ca va. On va voir. Faites entrer Mme Hespulette ».
Une vieille dame haute en couleur entre et se place à la barre.
Le procureur : « Mme Hespulette, veuillez porter à notre connaissance, si l'installation de 3kWc de M. Toupet V. peut satisfaire 70% des besoins en ECS de la famille ci-présente ».
Mme Hespulette : « Et bien cela fait des années que je milite pour le développement du photovoltaïque mais c'est vrai que nous n'avons rarement encouragé ce genre d'installation d'ECS solaire électrique.
Le procureur : « J'imagine bien ! ».
Mme Hespulette : « Mais il faut comprendre que c'est tout à fait possible, oui. C'est dans la région de Toulouse ? Avec 2kWc, ce serait trop juste mais avec 3kWc, çà passe à 70% ; notamment en décembre vous aurez une couverture moyenne de 35%. »
L'avocat : « Oui, 35% de couverture en décembre ».
Le juge : « Expliquez-vous ! »
L'acovat : « Le chiffre n'a pas beaucoup d'importance en réalité. L'installation de mon client utilise plus le rayonnement global, d'où un meilleur captage en hiver quand il y a des nuages. »
La partie civile : « M'enfin ! C'est pas une raison pour faire de la chaleur avec de l'électricité ! »
M. Toupet V. : « Il y a des bonnes raison de faire de l'électricité avec du soleil ».
L'assistance : « ouh ouh ! »
Le procureur : « Silence ! »
L'avocat : « Je demande la parole. Question pour la partie civile: mais pourquoi au juste il n'est pas souhaitable de faire de la chaleur avec de l'électricité solaire ? »
La partie civile : « Le rendement est très mauvais ! Imaginez, le solaire thermique convertit 50% de l'énergie solaire en chaleur, tandis que le photovoltaique a un rendement de 15% ! »
M. Toupet V. : « C'est pas un rendement. »
La partie civile : « Et c'est quoi alors ? »
M. Toupet V. : « C'est un taux de conversion. »
La partie civile : « Monsieur joue sur les mots ! »
M. Toupet : « Avec deux fois moins d'énergie solaire et un taux de conversion double, vous seriez content ? »
La partie civile : « Peuh ! C'est cinq fois moins d'énergie solaire qu'il vous faudrait ! »
Mme Hespulette : « Je ne pense pas que cette conversation soit constructive. »
Le procureur : « Bon calmez-vous ! Revenons à nos photons, euh nos moutons. Question pour le témoin : avez-vous contacté un artisan qui installe des panneaux solaires thermiques ?»
La témoin : « Oui parce que nous étions persuadé que nos élites ont mis en place un système souple, maniable et élégant de production d'électricité et que donc, nous n'avions pas besoin d'électricité supplémentaire. ».
Le procureur : « Bon, vous avez pu comparer les solutions et vous rendre compte ? »
La témoin : « Le photovoltaïque était plus cher ! »
Le témoin : « Mais sur le long terme, c'était plus rentable ».
Le procureur : « Vraiment ? »
La partie civile : « On vous a menti ! »
Le procureur : « Chut vous ! Monsieur et Madame les témoins, pouvez-vous nous donner les éléments de comparaison que vous aviez ? »
Le témoin : « Pour le solaire thermique, nous avions à payer 3073€ grâce au crédit d'impôt et à la région Midi-Pyrénées, avec une couverture espérée de 70%. »
Le procureur : « Et pour le photovoltaïque ? »
Le témoin : « Nous avions à débourser 10847€ grâce au crédit d'impôt, ni l'ADEME, ni le Conseil Régional de Midi-Pyrénées ne nous aident et cela fait une couverture espérée de 70%. Pour comparer les solutions à l'électricité, j'ai mis en forme les données sous formes graphiques en comptant le coût cumulé de trois solutions:
  1. Cumulus électrique en Heures Creuses (EdF),
  2. 4m² thermique ballon 200l complément en Heures Creuses (Thermiq+EdF)
  3. 3kWc Photovoltaïque de 11h à 15h, complément en Heures Creuses (PV+EdF)
Autre paramètre important : les deux solutions sont basées sur un prix de l'électricité fixe pendant 25 ans, ce qui est probable sachant que les pouvoirs publics veulent continuer à imposer un nucléaire peu cher à l'achat et subventionné par les impôts.
compar_ECS
Bien sûr, on peut trouver plus cher et moins cher pour l'une et l'autre des solutions et donc au lieu de tracer des droites, il vaudrait mieux tracer des bandes. Mais l'ordre d'idée reste le même : aucune solution même subventionée ne vient concurrencer le cumulus sur EdF sur une période de 10 ans.

Le procureur : « M. Toupet V., n'avez-vous pas honte de proposer des solutions si chères pour le même service pratiquement ? »
M. Toupet V. : « Je n'arnaque personne ! Cela fournit une service supplémentaire : celui de produire et de consommer de l'électricité localement ! Les gens font ce qu'ils veulent avec l'électricité !»
La partie civile : « C'est pas une raison pour faire de la chaleur avec de l'électricité ! »
M. Toupet V. : « Et puis l'installation est plus simple : pas de nouveaux tuyaux, pas de glycole à changer, pas de chauffagiste à faire venir régulièrement... »
La partie civile : « C'est une honte ! Un scandale ! »
M. Toupet V. : « Sans compter que certains chauffagistes sont déçus ! C'est pas si simple de dimensioner une installation d'eau chaude ! »
La partie civile : « On frise la correctionnelle ! Qu'on le sorte ! »
Le procureur : « Calmez-vous ! M. Toupet V. étant donné que les panneaux solaires thermiques sont une excellente solution, directe et efficace pour couvrir une bonne partie des besoins en ECS, ne trouvez-vous pas par vous-même que vos remarques sont exagérées ? »
M. Toupet V. : «Ce qui est exagéré, c'est de subventionner le solaire thermique et pas le solaire photovoltaïque ! En tous les cas, on pourrait avoir une subvention minimale qui permettrait juste de faire connaître et d'encourager. »
Le procureur : « Mais le solaire thermique ne bénéficie pas de réseaux de chaleur dont pourraient bénéficier les acquéreurs en y revendant leur surplus. Et puis les gaz à effet de serre, vous y avez pensé ?»
M. Toupet V. : « Si un ménage a un cumulus électrique, l'une et l'autre solution économisent 0,12kg de CO2 par kWh évités (source MIES 2002), moyenne en France métropolitaine, mais le photovoltaïque ajoute une part d'électricité verte. Ainsi, l'installation PV de 3kWc fait éviter la production de 432 kg de CO2, la production de 7,02 g de déchêt haute activité à vie longue sur la centrale nucléaire de Golfech, et l'évaporation de 5,7 m3 d'eau prélevée dans la Garonne de la même centrale, par an. L'installation thermique fait éviter 207,4 kg de CO2, 3,35g de déchêt radioactifs et 2,75 m3 d'eau évaporée, par an.»

bénéfices environnement ECS
CO2 : quantité de CO2 (0,12kg/kWh en moyenne France métropolitaine ; Source EdF)
DHAVL : Déchêts Haute Activité à Vie Longue (centrale nucléaire de Golfech 2002 : 2,6mg/kWh source EdF ; 75% de nucléaire consommé sur le réseau)
Eau : Quantité d'eau prélevée dans la Garonne et évaporée dans l'atmosphère (centrale nucléaire de Golfech 2002 : 2,1l/kWh source EdF ; 75% de nucléaire consommé sur le réseau)

On pourra remarquer que la solution photovoltaïque procure deux fois plus de bénéfices environnementaux que la solution thermique, pour le même service rendu. Cela s'explique par le fait que l'excédent peut être valorisé par la présence d'un réseau de distribution commun, ce qui est rarement le cas dans le cas de l'eau chaude.
La partie civile : « Oui mais avec l'argent de la différence de prix à l'achat, on peut aussi faire d'autres investissements qui vont avoir des bénéfices sur l'environnement. »
M. Toupet V. : « D'accord. »
La partie civile : « Et le photovoltaïque incite à la consommation d'électricité. C'est un comportement qui ne favorise pas le développement durable ! »
M. Toupet V. : « Mais il faut inciter à la consommation d'électricité verte ! »
La partie civile : « Verdâtre plutôt... Et un peu marron aussi ! »
Le juge : « Silence ! Bien. Je pense que nous pouvons conclure ! M. Toupet V., vous êtes condamné
M. Toupet V. : « Je veux bien mais allez dire cela plutôt à ceux qui ne veulent pas entendre parler de fermer Golfech ! »
La partie civile : « Ne changez pas de conversation ! Je reprend donc : et »
M. Toupet V. : « C'est toujours les mêmes qui bossent ! »
Le juge : « Et fainéant avec çà ! Vous ferez comme nous venons de dire ! Par ailleurs, les pouvoirs publics sont priés de réfléchir à une prise en compte des réalités économiques des filières des énergies renouvelables qui peine à trouver leur place dans le développement d'une société énergétique plus décentralisée.»

Ainsi se termine l'audience.

Energies Diffusions. Août 2005.........Revisité légèrement nov 2005............ Retour au sommaire